Branchement d une prise : le guide pas à pas sécurisé (schéma, fils et normes)
Le branchement d une prise se fait hors tension en respectant l’ordre phase, neutre, terre.
- Couper le disjoncteur du circuit au tableau avant tout.
- Vérifier l’absence de tension avec un VAT ou un multimètre.
- Dénuder 10 à 12 mm de cuivre avec une pince à dénuder.
- Repérer les conducteurs grâce aux couleurs normalisées des gaines.
- Insérer les fils dans les bornes jusqu’au clic franc.
- Tester la traction des fils avant de refermer la plaque.
Étapes de branchement et raccordement des fils
Le raccordement d’une prise repose sur un geste simple, mais qui exige de la méthode. Avant de toucher au moindre fil, préparez votre plan de travail et gardez sous les yeux l’ordre des conducteurs : phase (L), neutre (N) puis terre (⏚). Cet ordre évite les erreurs de borne et sécurise le montage.
- Couper le courant au tableau en abaissant le disjoncteur du circuit concerné
- Dénuder sur 10 à 12 mm à la pince à dénuder, sans entamer le cuivre
- Repérer phase, neutre et terre grâce aux couleurs normalisées des gaines
- Insérer les fils dans les bornes à vis ou automatiques jusqu’au clic
- Tester la traction des fils en tirant légèrement sur chaque conducteur
- Reclipser la plaque proprement après avoir repoussé les fils sans les pincer
La longueur de dénudage est un point critique. Comptez 10 à 12 mm de cuivre apparent : trop court, le fil ne tient pas dans la borne, trop long, il dépasse et crée un risque de contact. Utilisez une pince à dénuder réglée sur la bonne section plutôt qu’un cutter, qui entaille le conducteur.
Une fois les fils engagés, serrez fermement chaque borne. Sur les mécanismes à vis, un tour de tournevis suffit en général, mais vérifiez en tirant doucement sur le fil : il ne doit pas bouger. Sur les bornes automatiques, un clic franc confirme le verrouillage.
Repousser les fils et refermer la prise
Le moment le plus délicat reste le rangement dans le boîtier. Pliez les conducteurs en accordéon sans les croiser et poussez le mécanisme doucement. Ne jamais pincer un fil contre le bord du boîtier : l’isolant pourrait s’abîmer et provoquer un défaut. Une fois le mécanisme vissé ou clipsé, posez la plaque et vérifiez qu’elle affleure le mur.
Sécurité et coupure du courant avant intervention

Avant toute manipulation, coupez le disjoncteur général au tableau électrique, puis vérifiez l’absence de tension avec un VAT (vérificateur d’absence de tension) ou un multimètre. Cette étape est obligatoire : les fils d’une prise peuvent rester sous tension même après coupure si le circuit est mal identifié.
Équipez-vous d’outils isolés et d’EPI : gants et lunettes de protection. Posez un avertissement visible sur le tableau pour éviter qu’un tiers ne réenclenche le courant pendant l’intervention. Vérifiez aussi que le matériel porte le marquage CE ou NF.
Ne considérez jamais un fil comme hors tension sans l’avoir testé. Contrôlez chaque conducteur (phase, neutre, terre) avant de le toucher, puis testez de nouveau après raccordement. En cas de doute, faites appel à un électricien qualifié.
Matériel et outils nécessaires avant de commencer
Avant de toucher au moindre fil, préparez l’ensemble de votre matériel sur un plan de travail dégagé. Un branchement de prise se prépare en amont pour éviter les allers-retours et les fausses manipulations une fois le courant coupé.
- Tournevis isolé plat et cruciforme : indispensable pour serrer les bornes en toute sécurité.
- Pince à dénuder et pince coupante : pour préparer des fils propres sur 10 à 12 mm.
- Testeur VAT ou multimètre : obligatoire pour vérifier l’absence de tension avant intervention.
- Scie-cloche Ø67 mm : pour percer le logement du boîtier en pose encastrée.
- Fils rigides 2,5 mm² : section adaptée aux circuits prises et aux appareils puissants.
- Bornes Wago et dominos : pour réaliser des connexions propres et durables.
Vérifier la compatibilité du matériel avec votre circuit
Le choix des fils ne se fait pas au hasard. Un circuit protégé par un disjoncteur 16A accepte des conducteurs en 1,5 mm², tandis qu’un circuit en 2,5 mm² supporte un disjoncteur 20A. Privilégiez le 2,5 mm² si vous alimentez un appareil puissant.
Pensez aussi à la prise elle-même : en pièce humide, visez un indice de protection IP44, et montez jusqu’à IP55 pour une installation extérieure. Choisissez un modèle marqué CE ou NF, gage de conformité avec la norme NF C 15-100. Une prise renforcée pour véhicule électrique exige en plus un différentiel 30 mA.
Norme NF C 15-100 : disjoncteur, calibre et conformité
La norme NF C 15-100 encadre l’installation des circuits de prises en France. Elle définit le calibre du disjoncteur, la section des conducteurs et le nombre maximum de prises par circuit. La respecter garantit une installation sûre et conforme en cas de contrôle ou de revente du logement.
| Calibre disjoncteur | Section des fils | Nombre maximum de prises | Année d’application |
|---|---|---|---|
| 16A | 1,5 mm² | 8 prises | En vigueur |
| 20A | 2,5 mm² | 12 prises | En vigueur |
| 16A | 1,5 mm² | 5 prises maximum | Avant 2015 |
Un circuit de prises standard utilise des conducteurs en 1,5 mm² protégés par un disjoncteur 16A. Pour des appareils plus puissants (four, lave-linge, plaque), passez à une section de 2,5 mm² avec un disjoncteur 20A, ce qui autorise jusqu’à 12 prises sur le même circuit.
Depuis l’application de la norme en 2015, chaque pièce de vie doit comporter au minimum 5 prises. Les prises se posent à une hauteur minimale de 30 cm du sol.
Circuit spécialisé et disjoncteur différentiel
Certains appareils exigent un circuit spécialisé dédié, notamment les gros électroménagers et les véhicules électriques. Pour une prise renforcée destinée à la recharge d’un véhicule électrique d’une puissance de 3,2 à 3,7 kW, la norme impose un disjoncteur différentiel de 30 mA.
En pièce humide (salle de bain, buanderie), choisissez une prise avec un indice de protection minimum IP44. En extérieur, privilégiez un modèle IP55 pour résister aux projections d’eau.
Vérifiez enfin que le matériel porte le marquage CE ou NF. Ce gage de conformité atteste que le produit respecte les exigences de sécurité de la norme.
Prises encastrées ou en saillie : quel choix de pose
Pose encastrée dans un mur creux ou plein
La pose encastrée est la solution la plus esthétique : seul l’enjoliveur de la prise affleure du mur. Elle exige toutefois de percer le support et d’y loger un boîtier.
- Boîtier scellé dans le mur : la boîte est noyée dans le plâtre ou la maçonnerie.
- Pattes de fixation pour placo : le boîtier se clipse dans la plaque de plâtre.
- Scie-cloche Ø67 mm : diamètre de perçage standard pour un boîtier simple.
- Perceuse à percussion mur plein : indispensable pour traverser la brique ou le béton.
En mur creux (placo, cloison alvéolaire), la découpe se fait à la scie-cloche Ø67 mm. Il suffit ensuite de passer les fils par l’ouverture et de clipser le boîtier à pattes dans la plaque. L’opération est rapide et ne demande aucun rebouchage.
En mur plein, le travail change : il faut percer à la perceuse à percussion, sceller le boîtier au plâtre ou au mortier, puis attendre le séchage avant de raccorder. C’est plus long, mais le résultat est parfaitement intégré au mur.
Pose en saillie et passage des câbles
La pose en saillie est la plus simple à mettre en œuvre : le boîtier se visse directement sur le mur, sans percer profondément ni reboucher. Idéale en rénovation ou sur support béton non creusable.
Les fils ne circulent plus dans le mur mais dans des goulottes ou des plinthes électriques. Ce passage apparent doit rester propre et aligné pour ne pas nuire à l’esthétique de la pièce.
En pièce humide, choisissez un modèle IP44 au minimum. En extérieur, montez jusqu’à IP55 pour résister aux projections et à la poussière.
Repiquage : brancher plusieurs prises sur un circuit
Le repiquage consiste à relier une nouvelle prise à une prise existante plutôt que de tirer un câble depuis le tableau. Pour alimenter la prise d’origine puis repartir vers la suivante, vous ne devez jamais faire transiter plus de deux gaines par prise : une pour l’alimentation et une pour le repiquage. Au-delà, la place manque dans le boîtier et le serrage des conducteurs devient incertain.
Avant d’ajouter une prise, vérifiez la capacité du circuit. Avec un disjoncteur 16A et des conducteurs en 1,5 mm², vous pouvez raccorder jusqu’à 8 prises. En 2,5 mm² protégé par un 20A, la limite monte à 12 prises. Adaptez la section du câble au nombre de prises déjà installées et ne dépassez jamais le calibre du disjoncteur.
Réalisez la dérivation dans une boîte accessible, jamais dans un mur sans regard. Si vous repiquez sur une prise, serrez chaque fil dans la borne correspondante en respectant phase, neutre et terre, puis testez la traction avant de refermer. Un repiquage mal serré reste la première cause d’échauffement sur un circuit prises.
Schéma de câblage d une prise : phase, neutre et terre
Le raccordement d’une prise repose sur trois conducteurs bien identifiés. Le respect strict du code couleur évite toute inversion dangereuse entre phase et neutre, et garantit que la terre remplit son rôle de protection.
| Fil | Couleur obligatoire | Borne de raccordement | Symbole |
|---|---|---|---|
| Phase | Rouge, marron ou noir | Borne L | L |
| Neutre | Bleu obligatoire | Borne N | N |
| Terre | Vert et jaune obligatoire | Borne ⏚ | PE |
La phase peut prendre plusieurs couleurs selon l’installation : rouge, marron ou noir. Le neutre est toujours bleu, sans exception. Quant au fil de terre, il est reconnaissable à sa double coloration vert et jaune, une norme imposée pour éviter toute confusion lors d’une intervention future.
Sur le bornier du mécanisme, chaque fil trouve sa place : la phase sur la borne L, le neutre sur la borne N, la terre sur la borne ⏚ (notée PE). Une inversion entre phase et neutre n’empêche pas la prise de fonctionner, mais elle crée une situation dangereuse si l’on intervient sans couper le courant.
Repères pratiques sur le schéma
Un schéma simple représente l’arrivée du câble d’alimentation vers une seule prise. Un schéma double ajoute le repiquage vers une seconde prise, avec un départ supplémentaire sur les bornes correspondantes.
Les marques comme Legrand, Schneider ou Siemens impriment souvent les repères L, N et PE directement sur le bornier, ce qui limite les erreurs. Si les repères sont absents, fiez-vous au code couleur et contrôlez chaque conducteur au testeur de tension avant de serrer.
